Urgence médicale, situation nécessitant des secours essentiellement médicaux, dans laquelle l'intégrité d'une partie du corps ou d'une fonction (la vision ou le psychisme, par exemple), ou la vie d'une personne est menacée immédiatement ou dans un délai inférieur à quelques jours. En général, l'urgence médicale est caractérisée par la gravité de la maladie, de l'accident, ou de l'état du sujet. Plus précisément, le cas où une personne surestime la gravité de son état, et qu'on pourrait appeler urgence psychologique, ne ressortit pas véritablement à l'urgence proprement dite.

Parmi les manifestations pathologiques nécessitant des soins urgents, on trouve les hémorragies graves, les traumatismes du crâne, les fractures, les déshydratations, les hyper- ou hypothermies (augmentation ou diminution importantes de la température du corps), les détresses respiratoires (par strangulation, noyade, affection respiratoire), les arrêts cardiaques et les insuffisances cardiaques aiguës, les brûlures profondes et étendues, les états d'agitation grave, les tentatives de suicide.

Organisation de la réponse à l'urgence

L'institutionnalisation et la médicalisation des secours d'urgence ont été instaurées en France par Dominique Larrey, chirurgien des armées napoléoniennes. Celui-ci est aussi le premier à avoir imaginé un véhicule spécialisé dans le transport des blessés, l'ambulance.

La grande majorité des urgences est prise en charge, au moins dans un premier temps, par les médecins de ville généralistes, aidés par des spécialistes et par différentes institutions. En France, le SAMU (Service d'aide médicale d'urgence), créé en 1972, a pour tâche de participer, éventuellement en coopération ou en parallèle avec d'autres organismes, à la réception téléphonique des appels d'urgence médicale et à leur régulation au niveau départemental. Les appels arrivent à un centre de régulation départemental, le Centre 15, où un médecin répartit les interventions entre le généraliste de garde en ville, les pompiers, la police, le SAMU (lequel n'est pas accessible directement aux particuliers), les secouristes (Protection civile ou Croix rouge), les ambulances privées et les hôpitaux de la région.

Dans les cas de détresse extrême, le SAMU assure directement les soins grâce à des antennes mobiles, les SMUR (Services mobiles d'urgence et de réanimation), qui disposent de véhicules équipés du matériel nécessaire pour faire face aux situations les plus difficiles sur le plan médical avant de transporter les malades vers l'hôpital le plus apte à les soigner. Les soins sont conduits par un personnel spécialisé pour ce type d'intervention (médecin ou étudiant en réanimation, ambulancier-infirmier). Avant et pendant leur transport, les malades sont examinés et reçoivent les premiers soins, notamment de réanimation, grâce aux appareils de surveillance ou de suppléance des fonctions vitales.

Le SAMU participe également à la coordination des moyens médicaux et assure aussi parfois un contrôle sur la formation des secouristes. Il sert aux médecins de référence pour l'élaboration des protocoles de traitement des urgences.

Les services des urgences des hôpitaux permettent l'accueil des malades venus par leurs propres moyens, ou transportés par un SMUR,une ambulance privées, ou par un véhicule des pompiers ou de la police. Le besoin de secours urgent est souvent accentué par l'inquiétude et par l'anxiété du malade, et de l'entourage. Il n'est donc pas systématiquement associé à une menace objectivement grave (urgence psychologique), si bien que les personnes concernées ne comprennent pas toujours leur attente dans les services d'urgence, où les cas médicalement les plus graves sont examinés en priorité.

Secourisme et situations de catastrophe

En cas d'accident ou de situation pathologique urgente, il est indispensable d'alerter rapidement les services de secours spécialisés. Pour les urgences médicales ou chirurgicales graves, les appels arrivent au «!Centre 15!», où un médecin alertera le SAMU si nécessaire. Pour les incendies, les accidents de la circulation, les asphyxies, les noyades ou les électrocutions, il est préférable de contacter les pompiers, habitués à gérer à la fois les premiers soins, les situations complexes et la protection de l'environnement.

Dans la grande majorité des cas, les premières personnes présentes sur les lieux d'une urgence ne sont pas des professionnels des soins médicaux mais des témoins de passage ou des proches, qui n'ont pas forcément les connaissances nécessaires pour donner les premiers soins. On appelle secourisme l'ensemble des connaissances et des techniques de soins dispensés en urgence par des personnes qui ne sont pas des professionnels de la santé. Malheureusement, ces techniques de base, y compris les gestes les plus élémentaires (arrêter une hémorragie, par exemple), et plus simplement les gestes à ne pas faire (par exemple, déplacer une personne après une chute), ne sont pas connues de tous. Ces premiers gestes devraient être plus largement enseignés, ce qui sauverait un grand nombre de vies humaines.

En France, des stratégies d'intervention ont été mises en place pour faire face à des catastrophes de grande ampleur, naturelles (inondation, séisme, etc.) ou industrielles (accident nucléaire, marée noire, etc.), ainsi qu'à des urgences collectives (accident d'avion ou de chemin de fer, attentat terroriste, etc.). Ces ensembles de mesures, connus sous le nom de plans Orsec (Organisation des secours) départementaux, comportent un volet médical.